On le sait, le CBD et plus globalement, le cannabis légal, sont utilisés par les sportifs de haut niveau, surtout pour faciliter et accélérer la récupération. Le cannabidiol notamment est une molécule qui, selon certaines études, aiderait à lutter contre les douleurs et les inflammations, favorisant ainsi la récupération. Mais, si cela est bien légal, est-ce pour autant moralement acceptable ? Selon un groupe d’experts missionnés par l’AMA, l’Agence mondiale antidopage… La réponse est non.
CBD et cannabis dans le sport
En effet, c’est dans un article récemment publié dans la revue Addiction, que les membres d’un groupe d’experts diligentés par l’AMA sont revenus sur l’usage du cannabis dans le sport.
Selon eux, la décision de l’agence mondiale antidopage de bannir la consommation de cannabis chez les athlètes l’an dernier (et cette année encore), est la bonne, car elle va dans le sens de la loyauté dans la pratique du sport.
Problème, de plus en plus de voix s’élèvent chez les professionnels pour “dépénaliser” l’usage du cannabis au quotidien, ou pour au moins le contrôler, dans le cadre de la pratique du sport à haut niveau.
Des points de vue partagés
S’il semble difficile pour ces mêmes experts d’affirmer avec certitude que le cannabis améliore (ou peut éventuellement améliorer) les performances sportives, les scientifiques s’accordent à dire que le cannabis facilite à la fois la récupération et la réduction des douleurs associées à la pratique du sport.
Cependant, ils ont également expliqué que la consommation de produits à base de cannabis (notamment ceux qui sont riches en THCQu’est-ce que le THC ?), violait les règles éthiques du sport. De fait, l’interdiction de la consommation de tels produits, semble justifiée. En allant plus loin, les experts expliquent :
« La consommation de cannabis va à l’encontre de « l’esprit du sport », qui englobe un certain nombre de valeurs universelles du sport et quatre aspects particulièrement pertinents pour la discussion sur le cannabis restant dans la liste ».
Le cannabis, contraire aux valeurs du sport
Pour ces experts mandatés, la consommation de cannabis présente plusieurs inconvénients. Premièrement, la consommation de THC (tétrahydrocannabinol) pourrait compromettre les performances des athlètes. En outre, il convient de rappeler que le cannabis est illégal, un peu partout dans le monde, son utilisation serait donc particulièrement compliquée, même en période de compétition.
Enfin, les experts de l’AMA mettent en avant les études encore trop peu nombreuses pour affirmer que la consommation de cette substance serait “bénéfique” à la santé de l’athlète. De fait, il existe un doute raisonnable sur l’impact et les risques réels (ou potentiel) de la consommation de cannabis, pour la santé de l’athlète.
L’AMA, toutefois à l’écoute des athlètes
Si l’agence mondiale antidopage reste ferme sur ses positions, elle a toutefois décidé de lâcher du lest, en écoutant les demandes des athlètes. Ainsi, si le cannabis est toujours interdit, l’AMA a accepté d’augmenter la quantité de THC pouvant être présente dans l’urine d’un athlète. La raison est toute simple : la consommation de cannabis, en dehors des compétitions, n’est pas interdite par l’agence.
« En raison de ces seuils élevés, ce sont principalement les consommateurs chroniques et fréquents de cannabis et les athlètes consommant de fortes doses en compétition qui seront détectées. Par conséquent, le seuil n’affectera généralement pas la liberté d’un athlète qui souhaite consommer légalement du cannabis en dehors des compétitions. Les athlètes qui ont besoin d’un traitement médical à base de cannabis doivent demander une autorisation d’usage thérapeutique. »
Les 3 points à garder en tête concernant la consommation de cannabis et la pratique du sport
– Le cannabis aiderait les athlètes de haut niveau à mieux récupérer et à lutter de manière plus efficace contre certaines douleurs et inflammations.
– Certains experts s’alarment du fait que la consommation de cannabis dans le monde du sport, ne soit pas en adéquation avec l’esprit initial.
– L’AMA reste ferme sur ses positions et considère toujours le cannabis comme du dopage. En revanche, elle se montre plus ouverte sur les périodes hors compétition.
