Le HHC, bientôt interdit en France ?

Le HHC, bientôt interdit en France ? C’est en tout cas, le souhait de François Braun, qui n’est autre que le ministre de la Santé. En effet, ce dernier a affirmé à plusieurs reprises à la télévision qu’il envisageait de faire voter une loi visant à interdire la vente de produits à base de HHC (hexahydrocannabinol), sur le territoire national. Toujours selon ses dires, cela serait une simple “question de semaines”. Mais qu’en est-il de la réalité ?

Rappel autour du HHC

Le HHC, c’est une molécule issue de la plante de cannabis. C’est un cannabinoïde qu’on retrouve en toute petite quantité. S’il est si connu, c’est pour ses effets assez proches de ceux du THC (tétrahydrocannabinol, molécule psychotrope de la plante de cannabis) et surtout… Sa légalité. En effet, le HHC s’est rapidement retrouvé dans une zone grise, n’étant ni illégal, ni officiellement autorisé à la vente.

En bref, on avait du mal à s’y retrouver et ça, pas mal de revendeurs l’ont bien compris. Résultat, beaucoup de marques se sont lancées, pas mal de produits également. Mais la réponse européenne, bien qu’elle ait tardé à se mettre en place, commence à se structurer. Aujourd’hui, il semblerait que le HHC soit donc sur le point d’être strictement interdit en France.

Le HHC peut-il être interdit en France ?

Techniquement, il est possible d’interdire la vente de produits à base de HHC. Mais tentons de comprendre comment et pourquoi de nombreuses questions se posent quant à ce dérivé du cannabis.

Au mois d’avril dernier, l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) publiait un document rappelant que le HHC ne figurait pas sur la liste des documents de l’ONU concernant les drogues ou la toxicomanie.

Au sein de l’Union européenne, l’OEDT surveille toutefois cette substance, qu’il a classifiée comme étant une “nouvelle substance psychoactive”. Le rapport souligne toutefois qu’il n’existe, à ce stade, toujours pas d’études conséquentes pour vraiment comprendre :

  • Les effets pharmacologiques du HHC sur l’homme ;
  • Les effets comportementaux du HHC sur l’homme.

Depuis la sortie de ce rapport, plusieurs États se sont toutefois prononcés en faveur de son interdiction, allant jusqu’à statuer dessus. Il s’agit de la Suisse, de la Finlande et enfin, de l’Autriche.

L’interdiction du HHC en France

Quid de l’interdiction du HHC en France ? Pour ce faire, il faut obligatoirement que l’hexahydrocannabinol soit classifié comme drogue ou stupéfiant, au même titre que le cannabis. Si tel venait à être le cas, alors la question ne se poserait plus et le cas des produits et business HHC serait définitivement réglé.

En revanche, comment cela se passerait-il si le HHC n’était pas classifié en tant que tel ? Alors, son interdiction devrait prendre plus de temps, voire… Beaucoup plus de temps. En effet, celle-ci reposerait sur « la nécessité de devoir prouver le risque pour la santé publique et/ou le risque de dépendance ». En d’autres termes, il faudrait des preuves scientifiques pour démontrer les effets néfastes du HHC sur l’homme.

Malheureusement, ces études sont longues et peuvent prendre plusieurs mois, voire plusieurs années ! Plusieurs enquêtes ont été lancées par l’exécutif et de premiers résultats sont attendus en juin.

Pour Anne Batisse, « le danger du HHC c’est surtout que des usagers non avertis pourraient se ruer vers ce cannabis dit « légal » sans préconisation d’emploi, sans savoir que cette substance est accidentogène et sans qu’on en connaisse encore tous les risques ».

Les 3 points à garder en tête concernant l’interdiction du HHC en France

– Le gouvernement envisage d’interdire le HHC en France. Mais ce projet pourrait prendre beaucoup plus de temps que prévu ou que ce qui est envisagé.

– Il faudrait, pour que le HHC soit interdit, le classifier comme drogue (mais il n’existe aucune étude dessus) ou que des études scientifiques démontrent que le HHC est néfaste (or, cela pourrait prendre plusieurs mois voire plusieurs semaines).

– L’interdiction de la vente de HHC pourrait porter un coup sévère à de nombreuses boutiques et entreprises françaises qui se sont spécialisées dans ce domaine d’activité. Les prochains mois pourraient donc être intéressants à suivre, sur la façon dont elles vont réagir !

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