La grande expérimentation française sur le cannabis à usage médical, menacée ? En effet, les médecins et patients font actuellement face à un problème que personne n’avait vraiment imaginé : une rupture des stocks. La raison ? Un appel d’offres qui n’a pas trouvé preneur. Dans la suite de cet article, on revient sur cette drôle d’histoire et les conséquences que cela peut avoir.
La grande étude sur le cannabis, prolongée
Il y a quelques semaines, le gouvernement français signait un décret confirmant que la grande expérimentation sur la consommation du cannabis à usage thérapeutique était prolongée d’un an. L’objectif ? Récupérer de la donnée afin de permettre à l’ANSM (Agence nationale de la sécurité du médicament) et à l’exécutif de pouvoir prendre une décision basée sur des chiffres tangibles.
Or, voilà qu’une mauvaise nouvelle est venue mettre à mal la stratégie tant espérée. En effet, il a été confirmé qu’une pénurie de produits médicaux à base de cannabis touchait actuellement l’hexagone, forçant les participants à l’étude et surtout, les personnes qui en assurent la bonne organisation, à devoir faire très attention !
Little Green Pharma, une entreprise qui dit non
Selon les premières informations, la grande expérimentation actuellement en cours devra ainsi se passer de l’huile CBD 50% de Little Green Pharma. Une huile à base de cannabidiol, sans trace de THC (tétrahydrocannabinol, la molécule active de la plante de cannabis). Problème, cette huile représente, à elle seule, 60% de l’approvisionnement total en huile de CBD !
Mais comment en sommes-nous arrivés à une telle situation ? Selon Newsweed, le laboratoire qui s’occupe de produire et envoyer les flacons d’huile de CBD souhaiterait stopper sa collaboration, tout du moins, revoir les conditions dans lesquelles le partenariat a lieu. Aujourd’hui, ce dernier propose son produit gratuitement, dans certains cas, à 14 euros le flacon. Or, ce prix de “vente” est largement en dessous des coûts liés à la fabrication du produit, au transport et au passage des douanes.
Une solution de repli ?
Mais alors, que faire ? Quelle solution alternative adopter ? Face au risque de ne plus du tout recevoir d’huiles de CBD estampillées Little Green Pharma, le gouvernement envisage de remplacer ces mêmes huiles par de l’Epidyolex (pour les enfants épileptiques) ou par une huile CBD/THC (20% – 1%) pour les adultes stabilisés et souffrant de spasticité et/ou de sclérose en plaques.
Cela implique de profonds changements, notamment chez les patients adultes qui s’étaient ouvertement exprimés en faveur des huiles CBD (sans THC) qu’ils avaient testé et dont les résultats étaient jugés plus que positifs par 91% des personnes interrogées. D’ailleurs, cela pose un autre souci, quid des patients qui ne peuvent tolérer la prise de CBD ?
Le rôle de la DGS
Reste à déterminer l’impact des décisions qui ont pu être prises. Ici, c’est le rôle de la DGS, la Direction Générale de la Santé, qui a été largement pointé du doigt. Selon de nombreuses sources, la DGS n’aurait tout simplement rien anticipé. Un manque d’anticipation qui serait directement lié à un intérêt pour le moins léger à cette grande expérimentation.
Pour Newsweed, Yann Bisiou, spécialiste du droit de la drogue, s’est expliqué « On trouve des boutiques CBD à tous les coins de rue et la DGS n’est pas capable de trouver du CBD pharmaceutique. La fragilité juridique du dispositif choisi par la DGS était clairement constituée et source de contentieux. Soit ils sont incompétents, soit ils veulent couler l’expérimentation ».
Une enquête menée par les équipes du média a permis de démontrer que le financement de la prolongation d’une année de cette grande expérimentation ne se ferait pas sur le budget de l’État, mais bel et bien sur le budget des associations de patients victimes d’accidents thérapeutiques. Une situation assez incroyable, qui tend à prouver le peu d’intérêt porté par les instances françaises sur la question du cannabis médical.
Ce quand d’anticipation et d’intérêt autour de cette expérimentation se traduit d’une seconde manière. En effet, la DGS se serait aperçue assez tardivement que son appel d’offre n’avait pas trouvé preneur. Face à l’urgence de la situation et pour éviter une déconvenue, les équipes tenteraient, depuis, de trouver des solutions dans le seul et unique but d’éviter une rupture total des produits.
Les 3 points à garder en tête :
– La grande expérimentation sur le cannabis à usage thérapeutique en France, a été rallongée d’une année afin de récolter plus de données.
– Les malades et les soignants font face à une pénurie d’huile de CBD 50% de la marque Little Green Pharma.
– À ce stade, il n’existe pas vraiment de solutions de repli. L’exécutif va devoir trouver la parade ou aller dans le sens voulu par l’entreprise, qui couvre à elle seule 60% de la consommation totale d’huile de CBD par les patients participant à l’étude.
